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...mes vastes horizons et la mer nacrée à nulle autre pareille...

Lettre de Rops à A. Rassenfosse, 1891.

Je respecte toutes les opinions, même les miennes

Félicien Rops

1833-1898

Musée fermé du 18/02 au 15/04/19

Museum gesloten van 18/02 tot 15/04/19

Museum closed from 18/02 to 15/04/19

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Exposition du 20/10/2018 au 17/02/2019

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07/10 - 03/12/2000 : La magie de l'encre. Rops et la Société internationale des Aquafortistes

L'étude de la Société internationale des aquafortistes renvoie à des domaines divers : les sociétés d'artistes, l'histoire de la gravure en Belgique, en France et en Hollande et ses liens avec la peinture.
Elle permet surtout de mieux cerner une partie assez méconnue de la vie de Félicien Rops et d'aborder un sujet inédit. Comme nous disposons essentiellement de documents et de correspondance relatifs à l'artiste pour reconstituer l'histoire du groupe, nous avons pris le parti de privilégier l'étude des rapports entre la société et son fondateur.

Historique

La Société internationale des aquafortistes fut officiellement fondée le 4 décembre 1869 à Bruxelles. Principal artisan de ce projet, Félicien Rops avait l'ambition de transmettre en Belgique son expérience de"l'eau-forte moderne"acquise à Paris dans le cadre stimulant de la Société des aquafortistes. Il voulait créer une association internationale de graveurs et souhaitait que la Belgique devienne un carrefour européen et se mesure aux recherches nouvelles dans le domaine de l'estampe. Intégré dans le réseau d'artistes et de critiques français liés au renouveau de l'eau-forte, Rops jouait un rôle d'intermédiaire entre Paris et Bruxelles et comptait le faire fructifier dans le cadre de cette Société internationale des aquafortistes. La guerre franco-prussienne mit un terme à cette belle idée.
En 1874, Rops fut à l'origine de la renaissance de cette société. Dans les années suivantes, l'association réalisa ses objectifs de publication et d'exposition d'eaux-fortes. Mais entre-temps, Rops s'était définitivement installé à Paris et désintéressé de son œuvre. Faute de moyens financiers, de public et peut-être de talents, l'aventure de la Société internationale des aquafortistes s'acheva en 1877 sur un constat d'échec. Rops, que le gouvernement belge n'avait pas soutenu, ne cessa alors de valoriser son action en faveur de la gravure en Belgique et de constater son divorce avec un pays qui ne l'avait pas reconnu.

Quelle fut l'importance de cette société dans l'œuvre de Félicien Rops et dans l'histoire des arts en Belgique durant ces années 1870 ? Ces questions, auxquelles cette exposition veut apporter des réponses, n'ont jamais été abordées par la littérature spécialisée de façon approfondie.

Récemment, lors de la commémoration du centième anniversaire de la mort de Rops, les efforts conjugués de divers scientifiques belges et étrangers ont fait progresser la connaissance de l'artiste de façon considérable.
La consultation de cette correspondance de Rops très peu exploitée jusqu'en 1998, révéla une autre histoire de la Société internationale des aquafortistes, beaucoup plus complexe et intéressante. Elle permit également de saisir avec plus de justesse la vie et l'œuvre de Félicien Rops au début des années 1870. Comme Eugène Rodriguès devait l'écrire, il fut, à cette époque, un artiste"inquiet et désorienté", allant et venant de Thozée à Bruxelles, de Bruxelles à Paris,"sans relâche, préoccupé, mécontent de lui-même, peut-être découragé, anxieux de son avenir …". S'il fut peu compris dans son pays et encore moins reconnu pour son œuvre et ses efforts, il vécut surtout d'infructueuses années de transition entre une carrière sans avenir en Belgique et une vie plus conforme à ses désirs à Paris. L'histoire de la Société internationale des aquafortistes est donc indissociable des interrogations et des tentatives manquées de l'artiste.

La Société internationale des aquafortistes fut parmi les groupes d'artistes qui marquèrent l'art belge des années 1870. Par l'intérêt que la critique lui accorda, elle s'intégra dans les débats artistiques de cette époque et fut le reflet des divergences entre les partisans d'un réalisme à la française et les gardiens des grandes traditions nationales. Si elle déçut bon nombre d'observateurs, elle réalisa pourtant son programme défini dans l'article 1 de ses statuts :"répandre et développer le goût de la gravure à l'eau-forte"en Belgique. A travers ses publications, elle permit en effet à de nombreux artistes de s'initier à cet art. Des critiques comme Camille Lemonnier s'intéressèrent à l'estampe. L'imprimeur François Nys enseigna autour de lui un savoir qui était inexistant auparavant en Belgique et contribua à la formation d'une nouvelle conception de la gravure. Rops mit son expérience au service des artistes belges et contribua à libérer l'eau-forte des carcans d'un romantisme figé.
L'arrêt des publications de la société interrompit le mouvement pour la gravure originale en Belgique. Mais cette association avait suscité des vocations de graveurs. Ces derniers purent ensuite transmettre leur savoir. Ainsi, Adrien De Witte fut un guide pour des artistes comme François Maréchal qui s'initia à l'eau-forte dans les années 1880. Rops fut un maître important pour le jeune Armand Rassenfosse. Théodore Hannon eut peut-être un rôle dans les débuts de graveur de James Ensor. Plus généralement, l'idée du groupe d'artistes perdura. Ainsi, les années 1880 furent marquées par la création de deux sociétés d'aquafortistes, toutes deux sous le patronage de la comtesse de Flandre : L'Association des aquafortistes anversois en 1880, puis la Société des aquafortistes belges fondée à Bruxelles en 1886. Elles consacraient le divorce entre Anvers et Bruxelles.
La dimension cosmopolite désirée par la Société fut réellement atteinte par le groupe des XX, fondé en 1883. Ouverts sur les avant-gardes européennes, Les XX surent faire de Bruxelles un centre important et international. L'estampe fut présente lors des expositions du groupe ; Whistler, Bracquemond, Ensor, Danse, Guérard, Finch, Rops et Marie Cassatt y montrèrent leurs eaux-fortes. Ils réalisèrent ainsi les véritables rêves du fondateur de la Société internationale des aquafortistes, une décennie plus tôt.

Parcours de l'exposition

L'exposition mettra l'accent sur :

  • l'origine de la Société internationale des aquafortistes :
    • Présentation de la situation déplorable de la gravure en Belgique
    • L'expérience parisienne de Rops : sa formation auprès de Bracquemond et Jacquemart et le modèle de la Société des aquafortistes de Paris ;
  • la présentation de la Société internationale des aquafortistes et des artistes qui en furent membres ;
  • la place de cette société dans l'œuvre de Rops et dans l'histoire des arts en Belgique durant les années 1870 ;
  • l'influence de cette société dans l'art de la gravure.
    Estampes, journaux d'époque, photographies, lettres autographes, livres, outils de gravure... seront les supports de cette exposition. Les œuvres et documents proviennent du Cabinet d'estampes de la Bibliothèque royale de Bruxelles, du Cabinet d'estampes de la Bibliothèque nationale de Paris, de la Bibliothèque littéraire Jacques Doucet à Paris, du Cabinet des Estampes d'Anvers, de Liège, des musées de Mariemont, Louvain-la-Neuve et du Château de Versailles, ainsi que de collections privées.

Cette exposition ainsi que le catalogue sont réalisés avec l'aide du Crédit à l'Industrie, de la Communauté française de Belgique et de l'asbl Les Amis du Musée Rops.

A l'occasion de cette exposition, le premier ouvrage sur cette Société internationale sera édité par Pandora. Le livre est écrit par Madame Catherine Meneux, détentrice d'un D.E.A d'Histoire de l'Art et Archéologie (Université Paris IV - U.F.R d'Archéologie et d'Histoire de l'Art) sur ce thème.
Le catalogue (176 pages et 140 illustrations dont les 96 planches réalisées pour la Société internationale des Aquafortistes) sera en vente au musée Rops, au prix de 980 F et 1.350 F en librairie.

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Documents utiles
Photos
Paul Mathey, Portrait de Félicien Rops, c. 1875, huile sur toile, 146 x 116 cm. Musée national du Château de Versailles et du Trianon
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Félicien Rops, Couverture des publications de la Société internationale des aquafortistes, 1875, cliché sur papier, 48,5 x 34,8 cm. Musée Félicien Rops. Province de Namur, inv. PER E1149.1.P
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Félicien Rops, Marque pour la couverture des publications de la Société internationale des aquafortistes, 1875, eau-forte, 12,1 x 8,3 cm. Musée Félicien Rops, Province de Namur
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Lettre de Félicien Rops à Armand Gouzien, s.d. Bibliothèque royale de Belgique, Cabinet des manuscrits, inv. II 6858/90
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Félicien Rops, Essai au mordant Seymour-Haden, s.d., eau-forte et encre, 12,2 x 16,3 cm. Musée Félicien Rops. Province de Namur
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Félicien Rops, La Barque, 1875, eau-forte, 16,5 x 9,9 cm. Musée Félicien Rops. Province de Namur, inv. PER E0247.3.P
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Félicien Rops, La Dalécarlienne, 1874, eau-forte, 21,4 x 14,8 cm. Musée Félicien Rops. Province de Namur, inv. PER E0222.5.CF
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Félicien Rops,William Lesly, 1875, eau-forte et pointe sèche, 23,4 x 16 cm. Musée Félicien Rops. Province de Namur, inv. PER E0226.1.P
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Félicien Rops, Mon Bourgmestre, 1875, eau-forte et aquatinte, 9,2 x 6,8 cm. Musée Félicien Rops. Province de Namur, inv. PER E0248.1.P
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Félicien Rops, Parisine, 1875, eau-forte, pointe sèche retouchée à la plume, 12,5 x 10,5 cm. Musée Félicien Rops. Province de Namur, inv. PER E0327.1.P
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