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Félicien Rops, La Mort qui danse, Vers 1865.
Crayon gras avec rehauts de craie blanche, travail à la pointe et grattoir (25 x 13 cm.)
Collection musée Félicien Rops. Province de Namur
La Mort qui danse est une œuvre réalisée par Félicien Rops dans l’esprit de son admiration et sa rencontre avec le poète français Charles Baudelaire.

C’est en 1864 que Poulet-Malassis, éditeur, met Charles Baudelaire en contact avec Rops. A cette époque, le poète s’est « réfugié » en Belgique pour échapper à ses créanciers et y donne quelques conférences qui n’ont d’ailleurs que peu de succès.

« En Belgique, pas d’Art : l’Art s’est retiré du pays. Pas d’artistes, excepté Rops »1, écrit Baudelaire. Quand Poulet-Malassis décide d’éditer, en 1866, Les Epaves, recueil des poèmes censurés des Fleurs du mal (1857), il s’adresse au professeur de gravure de Rops, Félix Bracquemond, qui ne rend pas une proposition de frontispice assez intéressante aux yeux du poète et de l’éditeur. La commande passe aux mains de Rops qui réalise le subtil dessin d’un arbre-squelette prenant racine dans un sol fécondé des péchés humains.

« J’ai été, je crois, non pas l’ami, mais le plus fidèle & le plus respectueux compagnon de Baudelaire, j’ai « allégé sa tristesse en Belgique » comme il le disait dans la dédicace d’un portrait qui m’est cher. Baudelaire se trouvait chez moi, à la campagne, lorsqu’il a ressenti les premières atteintes de la maladie qui devait l’emporter. Cette maladie croyez-le bien n’avait aucun rapport avec les excès de boisson, que l’on a injustement reproché à Baudelaire. Les causes, si les effets ont été prompts, n’en ont pas été moins longuement préparées, & sont de diverses sortes. Nous en parlerons ensemble ; & sans trop de vanité, je crois que seul avec Malassis, nous pourrions jeter quelque lumière sur les jours sombres qui furent les derniers du poète. Il se défiait de tous ceux qu’il voyait, & ce n’est guère que dans notre intimité qu’il mettait son cœur à nu. Cœur aussi bon & aussi aimant que son esprit était rebelle aux attendrissements épandus. »2

1Charles Baudelaire. Fusées, Mon cœur mis à nu, La Belgique déshabillée, édition d’André Guyaux, 1986, éd. Folio, p.306.
2Lettre de Rops à un inconnu, Corbeil-Essonnes, s.d. extrait d’un catalogue de vente Sotheby’s, 100 books, manuscripts, documents and objects from the Pierre Leroy collection, Paris, 27 juin 2007


Exposition au musée Félicien Rops de Namur : Auguste Rodin Félicien Rops, les embrassements humains (Du 1er octobre 2011 au 8 janvier 2012)
Date de Publication : 06/10/2011