
Deux lieux en ville partagent le temps d’une saison une préoccupation commune : faire découvrir l’arbre et son interprétation dans le monde artistique. C’est dans ce cadre qu’il s’agit de travailler sur l’esplanade de la Maison de la Culture et dans la cour du Musée Rops pour représenter l’exposition.
L’échelle d’une intervention purement paysagère apparaît vite hors propos : planter aujourd’hui un ou des arbres, même si ce sont déjà de grands sujets, n’aura pas l’impact attendu sur le public de passage. L’esplanade est déjà très envahie, le mobilier urbain encombre le sol et ne permet pas d’y installer visiblement une intervention. Dans la cour du Musée, déjà plantée d’un joli jardin et occupée par plusieurs grands arbres, comment planter pour faire comprendre un thème ?
La question principale reste de créer une intervention visible ayant un rôle signalétique dans la ville et pour les deux lieux.
Le travail proposé est donc le développement d’un « signe », basé sur une abstraction formelle de l’arbre feuillu, et installé de manière très visible. A la maison de la Culture, l’intervention prend place en hauteur, sur la façade. Dans la cour du Musée, elle est implantée de manière à être bien visible depuis le hall vitré de l’entrée.
Il s’agit d’une multitude de feuilles stylisées suspendues par de fins câbles métalliques à une grille elle-même fixée à la façade. Les câbles sont attachés à la grille dans différents plants, l’emplacement des feuilles est variable et étudié de manière à donner à l’ensemble l’idée d’une couronne feuillue en trois dimensions.
A la Maison de la Culture, les feuilles sont rattachées par le bas à une deuxième grille métallique posée sur la plate-forme surplombant l’entrée, de manière à les immobiliser.
De par les proportions du lieu, l’installation dans la cour du Musée permet de travailler avec des câbles de suspension plus courts, et d’éviter les câbles inférieurs pour permettre à l’installation de bouger au grès du vent, comme un mobile.
Les feuilles seront découpées dans une matière rigide très colorée, dans les gammes chaudes de l’automne (les expositions commencent au mois de septembre 2008). Chaque feuille fera environ quinze centimètres dans sa grande longueur, on peut compter cinquante feuilles par plan et une quinzaine de plans pour une installation. Matière plastique opaque et transparente.
Il est proposé de compléter l’intervention signalétique en installant une signalétique de balisage urbain entre les deux lieux d’exposition : des autocollants colorés, en forme de feuille également et au graphisme de l’exposition, s’envolent et se collent sur les trottoirs de la ville pour guider le visiteur d’un point à l’autre, avec une concentration sous les deux installations suspendues.