Accueil Le musee D'une oeuvre à l'autre
Plan du site Suite
Médaille de Waterloo, 1858
A l'occasion de l'exposition Napoléon - Génie ou despote,nous vous proposons l'analyse d'une oeuvre de Rops critiquant l'Empire de Napoléon III

Inscrit à l'Université Libre de Bruxelles pour une canditature en philosophie préparatoire au droit, Rops se plonge avec enthousiasme dans une vie de bohème étudiante. Il a le sentiment de goûter enfin à la liberté après avoir trop longtemps connu le carcan de la vie namuroise. Il devient très vite un des membres les plus inventifs du cercle des Crocodiles, joyeuse bande d'étudiants proche des proscrits français du coup d'Etat de Napoléon III (2 décembre 1851). L'Empereur deviendra pour eux une véritable bête noire. C'est dans ce contexte que rops compose cette charge contre les Belges qui portaient ostensiblement sur leur poitrine la médaille de Sainte-Hélène. Outré par la restauration de l'Empire en France, il stigmatise les cauchemars engendrés par les rêves de grandeur de l'oncle illustre de Badinguet. Brillant d'une splendeur toute dérisoire au milieu d'un enchevêtrement de squelettes aussi sinistre qu'absurde, la Médaille de Waterloo présente l'empereur sous les traits d'un nabot chétif et bancal. Ultime vestige d'une gloire conquise au prix du sang que défendent “à bras raccourcis“ deux robustes harpies à l'oeil mauvais. La patrie résiste aux assauts de ceux qui lui ont été sacrifiés et se raccroche déserpérément à son drapeau. Le dialogue absurde du chien et du militaire s'inscrit comme une ultime dérision.
Cette lithographie, complétée par l'édition de véritables médailles frappées en plâtre, en argent et en bronze provoqua l'indignation et valut à Rops un duel avec un fils d'officier de l'Empire.

Félicien Rops, Médaille de Waterloo, 1858, lithographie, 58,2 x 43,6 cm, Musée provincial Félicien Rops, Namur.
Date de Publication : 10/06/2008