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Félicien Rops en confrontation avec les photos de Nathalie Amand.
Confronter une œuvre de Rops avec celle d’un artiste contemporain est une nouvelle piste de réflexion que propose le musée.

Baudelaire voyait dans la sensualité du corps féminin, une harmonie divine aux attributs sacrés. Le poète vouait un culte à la nudité féminine dont la grâce animale se mêlait d’or et de fer. Félicien Rops est toujours resté fidèle à la beauté subversive de l’auteur des Fleurs du Mal. La nudité de la femme est pour lui le moyen de révéler notre nature primitive. Il peint ou grave la Vénus Aphrodite, déesse païenne, mère de l’amour interdit. Chez Rops, la référence au lupanar est récurrente. La femme dévêtue s’y donne à voir comme sur la scène d’un théâtre. Tout n’est qu’artifice dans cet univers, son costume de scène autant que ses accessoires. Les bas, chapeaux ou rideaux sont les oripeaux nécessaires d’une dramaturgie morbide de l’éros.
Les œuvres de Nathalie Amand rendent un bel hommage à ce spectacle de la chair défendue. Ses clichés font référence au décorum suranné des photographies érotiques de la fin du 19ème siècle. Le corps de la femme s’expose impudique dans une dialectique de l’exhibitionnisme où nous sommes nous-mêmes les voyeurs. Les photos de Nathalie Amand sont hantées par le souvenir du féminin sacré des gravures de Rops. Mêmes poses, mêmes scénographies du désir et mêmes envoûtements. Un spectacle du sexe qui trouble le regard autant qu’il sonde l’âme.
Olivier Duquenne

Félicien Rops, La sieste, 1879, héliogravure reprise au vernis mou, 18,5 x 25 cm, coll. Musée provincial Félicien Rops.
Photographie sans titre de Nathalie Amand, 13 x 11 cm, coll. de l’artiste.
Date de Publication : 16/03/2007