Mossa est considéré aujourd’hui comme le dernier peintre symboliste français. Son oeuvre, déjà reconnue avant la première guerre mondiale, a été ensuite volontairement occultée par l’artiste lui-même.Il vécut toute sa vie à Nice et se consacra essentiellement à sa fonction de conservateur du musée des Beaux-Arts de la ville, poste qu’il occupa dès 1926. Son oeuvre symboliste et sulfureuse fut cachée, puis redécouverte dans les réserves après sa mort en 1971.
A l'instar de Gustave Moreau, son travail symboliste est hanté de références à la littérature : il revisite les textes fondateurs de la culture occidentale et apprécie certaines figures évoquant la décadence telles que Judith, Dalila, Salomé, Sapho...
Mais à la différence de ses contemporains, Mossa innove en inscrivant ces figures dans son siècle, la Belle Epoque. Dans les détails minutieux de ses oeuvres, il développe une riche iconographie de l'Art Nouveau : mobilier, costumes, bijoux.
Il puise également son inspiration des écrivains de son temps : Baudelaire, Barbey d'Aurevilly, Gautier, et écrit lui-même des poèmes et pièces de théâtre.
La femme est omniprésente dans son œuvre, sous l’apparence de la femme fatale, voire phallique et castratrice ; elle est ange et démon à la fois. Par son travail, Mossa explore son propre inconscient et met en scène le conflit perpétuel des pulsions de vie et de mort : Eros et Thanatos. Comme Félicien Rops, de nombreuses œuvres de Mossa apparaissent encore provocantes de nos jours.
Mais le traumatisme de la première guerre mondiale, au cours de laquelle il sera blessé près d'Ypres, introduit une cassure dans son travail, qui sera ensuite plus sombre, plus désespéré. Après 1918, il y mettra lui-même un terme.