Les hommes de génie sont des météores destinés à brûler pour éclairer leur siècle. Napoléon, Discours sur le bonheur ou Discours de Lyon, 1791cette exposition présente en parallèle aux caricatures, des exemples du culte de la personnalité que Napoléon a lui-même mis en scène durant son règne : traditionnels portraits de cour, peintures de batailles et d’autres objets en lien avec l’Empereur. Elles côtoient des points de vue contemporains diamétralement opposés, ce qui contribue à donner de l’épopée napoléonienne une image à la fois vivante et émouvante.
L’exposition suit l’ascension de Napoléon vers le pouvoir : le général révolutionnaire devient Premier Consul, puis Empereur des Français. Elle illustre les campagnes politiques et militaires de Napoléon : l’hostilité envers l’Angleterre, la guerre d’Espagne et la désastreuse campagne de Russie. Elle s’intéresse évidemment aussi à l’ultime et dramatique chapitre de l’ère napoléonienne : les guerres de libération en Allemagne constituent l’introduction d’un chapitre qui ne se termine ni avec l’abdication de l’Empereur ni avec son exil vers l’Île d’Elbe en 1814. En effet, Napoléon reprend le pouvoir lors de la période des Cent Jours avant d’être définitivement battu à la bataille de Waterloo. Déporté ensuite à l’Île de Sainte-Hélène, située dans l’Océan atlantique, il meurt en 1821.
Napoléon a imposé des normes dans bien des domaines, y compris dans celui de la caricature. Plus de deux mille caricatures ont été publiées entre 1797 et 1815. Elles paraissent néanmoins presque exclusivement en Angleterre jusqu’en 1813. En effet, la monarchie constitutionnelle établie dès 1689 y garantit une véritable liberté d’expression dont jouit aussi la presse, ce qui à l’époque est totalement inconcevable dans les autres états européens. Le Roi d’Angleterre, les membres de la cour ainsi que les ministres et les parlementaires y sont constamment observés et, le cas échéant, soumis à la critique. Le peuple anglais, toutes classes sociales confondues, est ainsi largement informé, et de ce fait, porte un grand intérêt à la politique. C’est dans ce climat favorable que la caricature s’impose dès le 18ème siècle comme moyen d’expression d’opinions politiques. Elle atteint son apogée à la fin du siècle en qualité et en densité artistiques.
Les caricatures d’artistes restés célèbres comme James Gillray, Thomas Rowlandson ou Georges Cruikshank paraissent quotidiennement, de même que celles de leurs nombreux collègues, dans les publications de leurs éditeurs londoniens.
Néanmoins, l’histoire des caricatures de Napoléon se développe de manière tout à fait spécifique dans les différents pays européens. C’est à cette découverte que le musée Rops vous invite…